Les coraux, sentinelles du changement climatique

      Je vous livre ici le résumé que j'ai pu effectuer lors de la journée porte ouverte de l'Ifremer d'Arcachon il y a quelques mois. Cette conférence a été effectuée par Thierry Corrège (pour info, n'hésitez pas à consulter son site ici http://www.epoc.u-bordeaux.fr/indiv/Correge/) qui travaille sur la paléochimatologie (étude du climat passé pour prévenir le futur). Cette conférence m'a vraiment passionnée, alors je vous en fait part :).

 

L’étude est focalisée sur des coraux massifs (bâtisseurs de récifs).

         I/ Généralités sur les coraux

  • Corail : cousin des méduses, squelette calcaire qui est un traceur de l’évolution dans laquelle ils ont vécu. NB : Il y a 20 MA, on trouvait des coraux en région bordelaise

  • Pour évoluer, les coraux ont besoin de : température annuelle moyenne de 18°C, éclairage abondant, pas de nutriment dans l’eau (car sinon on observe un développement d’algue qui leur est néfaste), sol dur, salinité stable. D’une manière générale, ils ont besoin d’une stabilité parfaite (une variation trop forte d’un seul paramètre, comme la température (cf el Nino) mène inévitablement à un blanchissement des coraux

  • Ils ont des formes (liés au lieu de vie des coraux : ensoleillement, vagues etc) et couleurs diverses (la couleur dépend des algues symbiotiques)

  • Les coraux bâtisseurs de récifs sont des coraux solitaires et n’ont pas besoin d’une forte lumière

  • Ils vivent en zone tropicale (pacifique ouest, Indonésie, mer Rouge …)

  • La plus forte biodiversité marine existante à l’heure actuelle est en Australie où plus de 500 espèces sont recensées, à la différence de Tahiti par exemple où contrairement aux idées reçues, seules 18 espèces différentes de coraux vivent

 

II/ Sa vie de chercheur sur les coraux

 

      Le chercheur Thierry Corrège s’est rendu en 2005 avec une équipe de scientifiques sur « l’île de la passion », nommée Clipperton (appartenant à la France), seul atoll corallien du pacifique est.  

      Le but principal de l’expédition était de déterminer l’âge du récif et ses différentes périodes climatiques (pour prévoir l’évolution dans les années futures, y a-t-il un cycle ?). Pour cela, ils ont effectué un travail de datation consistant à effectuer des opérations de carottage (trous de 8 cm) dans le corail (seuls quelques polypes sont tués car la partie vivante du corail n’est située qu’en haut de ce dernier). NB : il est également possible de réaliser ce travail sur des coraux émergés (et donc morts).

Pourquoi avoir réalisé ce travail sur des coraux massifs ?

     Tout simplement car les bandes annuelles présentes sur les échantillonnages de carottes de coraux sont très visibles en radiographies (1 bande noire + 1 bande blanche = 1 an, cf photo ci-dessous).  

 

Voici les différents traceurs présents dans les coraux permettant de déterminer plusieurs paramètres. Par exemple, en déterminant la teneur en Strontium (Sr) dans une bande noire + blanche (= une année) on peut déterminer la température correspondant à une année donnée et donc retracer l’histoire du passé.  

Quel est l’intérêt d’une telle étude ?

 

      Avant 1952, peu de mesures étaient recensées dans ce domaine-là. Mais depuis 1982, année où le courant bien connu El nino (réchauffement dans le pacifique ouest dont la récurrence est de 2 à 7 ans), causant des précipitations fortes et une hausse ou baisse de la température, les études se sont intensifiées car cela est dommageable pour le corail. Le but ultime est alors de prévoir l’évolution dans les années futures le courant El nino.  

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